Elodie FaurichonDepuis de longues années, moniteur d’équitation consiste à enseigner et accompagner de jeunes débutants et des cavaliers endurcis aux épreuves d’équitation. Un métier redoutablement physique et exigeant, mais qui combine à la fois un véritable apprentissage et une passion équine. Élodie Faurichon, forte de son expérience, a emprunté cette voie royale et nous présente à son tour son parcours.

infos-reportages. – Votre carrière en quelques lignes : comment êtes-vous arrivée à être cavalière puis monitrice indépendante ?

Élodie Faurichon. – J’ai débuté en club en 2000, et très vite j’ai su que l’équitation serait une éternelle passion. J’ai fais de nombreux stages en France et à l’étranger pour apprendre toujours plus. D’un point de vue professionnel, j’ai obtenu un BTS COMMERCE INTERNATIONAL avant de me lancer dans ma carrière équestre pour la bonne et simple raison que ce milieu est incertain et dangereux donc j’ai prévu une éventuelle reconversion en cas d’accident par exemple.

J’ai eu mon diplôme d’enseignante en 2010 (BPJEPS EQUITATION) et j’ai décidé d’aller me perfectionner chez des cavaliers professionnels car monter à cheval a toujours été ma priorité avant l’enseignement. J’ai pris beaucoup d’expérience dans des écuries de concours et des élevages, puis, j’ai décidé de me mettre à mon compte parce qu’il est très difficile de gagner sa vie en tant que cavalier pur et que mes parents, non issus du milieu, ne pouvaient pas assumer une passion si envahissante.

Comment est née la société EF Prestations Équestres ?

Je suis à mon compte de façon indépendante en tant qu’auto entrepreneur. Chez nous on appelle cela cavalier freelance. J’ai mûri cette idée durant l’été et j’ai créé cette micro entreprise après la saison de concours c’est à dire en septembre.

J’espère un jour développer cette activité à plus grande échelle avec des associés, pourquoi pas des salariés. Je suis prestataire de services équestres c’est-à-dire que j’enseigne l’équitation, je travaille des chevaux, je sors en compétition de saut d’obstacles, je fais des transports et des prestations en rapport avec les soins au chevaux : grooming.

Quelle était votre idole sportive qui a marqué votre enfance et celle de maintenant ?

J’ai pris goût à la compétition de saut d’obstacles (CSO) très rapidement. Le cavalier que j’ai toujours admiré est « Marcus Ehning ». C’est un très gros pilier de l’équipe allemande. Il fut numéro un mondial à plusieurs reprises et son équitation, sa technique sont tout simplement légendaires. L’hiver dernier, j’ai eu la chance de passer une semaine au sein de ses écuries, c’était grisant !

Quel aspect de votre profession représente un grand défi pour vous ?

J’ai beaucoup de défis ou plutôt d’espoirs et d’ambitions. Beaucoup diront qu’ils rêvent de haut niveau, de monter des cracks chevaux. Avec mon expérience je me dis que c’est un métier beaucoup trop difficile, surtout pour une femme. Je suis bien aujourd’hui à faire ce qu’il me plaît comme je l’entends. Choisir ses clients, ses heures de travail, etc. C’est du pur bonheur. Mon principal défi serait de prouver que l’on peut gagner sa vie dans ce milieu sans pour autant être champion du monde. Et également pouvoir continuer à assouvir ma passion au sein du monde la nuit (photographe, ndlr).

Quels autres sports ou compétitions suivez-vous de près ?

Je ne peux pas dire que je suis d’autres sport à la TV par exemple par contre j’aime pratique la natation, footing, course à pied … Ceci est indispensable pour continuer à monter à cheval correctement car on est beaucoup sollicité notamment au niveau du dos, des articulations. Notre corps encaisse beaucoup de chocs et il est bon d’entretenir son physique autrement.

Quelques liens où nous pourrions voir ce que vous faites ou le centre équestre où vous travaillez ?

Je travaille au sein de diverses structures, des écuries de propriétaires, des centres équestres, pour des particuliers, des cavaliers professionnels ou des amateurs. Il y a mon site internet www.elodiefaurichon.com. J’en profite pour remercier Clément Peltier pour son fabuleux travail à ce propos.

Enfin, un conseil à prodiguer à toute personne qui aimerait s’investir tout comme vous ?

Je crois qu’il faut être un travailleur acharné et bien connaître les chevaux, s’être fait entouré de bons professionnels. Les bases du travail à cheval sont très importantes et aujourd’hui beaucoup de diplômés BPJEPS ne sont que des animateurs de poneys et manquent cruellement de vraies bases.

Je pense qu’il faut prendre du métier chez des cavaliers de haut niveau. Car pour enseigner l’équitation, il faut savoir très bien monter à cheval et avoir passé du temps sur beaucoup de montures différentes. Après, certains ont les moyens financiers, d’autres ont la famille qui suit derrière. Moi je n’ai eu ni l’un ni l’autre. Je me suis battue pour être aidée autrement, chaque jour j’essaye de progresser un peu plus et surtout je n’hésite pas à demander des conseils à des proches en qui j’ai une confiance totale.

crédit photo : © Élodie Faurichon