Alertée par un mystérieux pot à Paris où une centaine de personnes se sont données rendez-vous, l’équipe d’infos-reportages est partie enquêter sur ces pots dînatoires situés sur les quais de Seine.

Alertée par un mystérieux pot à Paris où une centaine de personnes se sont données rendez-vous, l’équipe d’infos-reportages est partie enquêter sur ces pots dînatoires situés sur les quais de Seine.

extrait audio.

infos-reportages : Pouvez-vous nous décrire le concept de ce rassemblement ?
Stépahine : Ça va faire au moins trois ans que nous nous réunissons tous les mois entre mai et septembre, donc en général en fin de mois. C’est toujours ici (ndlr, quai Voltaire en face du Louvre) et il y a toujours une centaine de personnes. Chaque personne amène ses amis, avec un réseau social qui se crée et toujours de nouvelles personnes qui se rencontrent.

iR : Depuis combien de temps ce concept existe ?
S : Depuis trois ans et demi voire quatre ans.

iR : Comment le surnommez-vous ?
S : Quai Paris 7.

iR : Quel CSP ciblez-vous ?
S: Tout le monde peut venir, les gens doivent avoir entre 25 et 35 ans.

iR : Que pouvez-vous nous dire de plus sur ce rassemblement ?
S : En général, Paris est une ville assez fermée car quand on est étudiant et que l’on vient faire ses études à Paris, on ne connaît pas forcément beaucoup de monde, ou alors quand il connaît du monde, le réseau est fermé, que ce soit pour les dîners ou les autres sorties. Là le concept repose sur le fait que chaque personne peut venir avec leurs amis, et qui se font par la suite d’autres amis. Ça marche très bien car ce soir par exemple, il y a 100 personnes que je ne connais pas. Et il y a toujours entre 100 et 150 personnes.

iR : Avez-vous eu des jours avec un peu moins de monde ?
S: Oui, durant l’hiver il y a moins de personnes, une trentaine de personnes. J’organise plutôt des théâtres, des restaurants ou des bars.

iR : À quel nom organisez-vous cet événement ?
S: Je suis seule.

iR : Au niveau de l’alimentation par exemple, avez-vous fait appel à des sponsors ou des marques ?
S : Chacun apporte quelque chose, les garçons apportent du Hard et du Soft, et les filles apportent quelque chose à grignoter. En fait, cet endroit n’est pas choisi au hasard, c’est un aspect pratique, il y a un banc qui sert de buffet, il y a une poubelle à proximité, et il y a un tronc d’arbre qui sert de banc, et des trottoirs et de l’herbe pour les gens qui veulent s’assoir. Le lieu se trouve juste en face du Louvre. Au Champ de Mars malheureusement, on ne peut pas apporter de l’alcool, ici les gens sont libres de faire ce qu’ils veulent. Mais il ne faut pas que quelqu’un tombe dans la Seine (rire).

iR : Souhaitez-vous exporter ce concept dans un pays étranger, en Angleterre ou en Espagne par exemple ?
S: Non, je le fais à Paris depuis quatre ans car j’habite à Paris, mais si j’habitais à l’étranger, je le ferais pourquoi pas.

iR : Avez-vous participé au « Dîner en Blanc » organisé à Paris ?
S : Je l’ai fait.

iR : En tant que membre de l’équipe organisatrice ?
S : Je faisais simplement parti des invités, donc je n’ai rien organisé du tout.

iR : Proposez-vous des soirées à thème ?
S : En septembre dernier j’ai fait un bar célib sur ce quai, ça eu beaucoup de succès. Aussi parce que le mot « célib » a de l’impact, avec une jolie photo illustrée par une petite pin up des années 50 qui soulève sa jupe pour sortir le pique-nique d’un panier. Il y a eu 150 personnes qui ont participé.

iR : Quel est votre projet dans les 5 ans à venir ?
S : Je n’ai pas de projet et je n’en cherche pas. C’est un loisir avant tout.

iR : Souhaitez-vous monter une société autour de ce concept ?
S : Pourquoi pas, si le cas se présente, mais ce n’est pas le but. J’ai pas mal d’amis qui se sont fait un réel groupe d’ami grâce à ce pot dînatoire. J’ai des amis qui se sont mariés grâce à Quai Paris 7, ils se sont rencontrés ici et le fait que les gens se rencontrent me satisfait totalement.

iR : Avez-vous personnellement rencontré quelqu’un lors de vos soirées ?
S : Je me marie, mon futur mari savait que j’organisais ces événements. Il savait aussi qu’il pouvait me retrouver ici.

iR : Quel métier faîtes-vous en-dehors de l’organisation de vos soirées ?
S : J’ai monté ma propre entreprise et je suis courtier en Prêt immobilier depuis 6 ans.

iR : Justement, pouvez-vous nous parler des actuelles tendances dans l’immobilier ?
S: Paris est une niche, il n’y a pas de courbes comme en province, ça marche ou ça ne marche pas. À Paris ça marche toujours, ça ne monte pas forcément mais ça se stabilise.

iR : Avez-vous un site internet ?
S : Non, en faudrait-il ? Ces soirées sont quelque chose de très spontané, les gens viennent grâce au bouche à oreille. Il n’y a pas de business à proprement dit, c’est avant tout une organisation dans un cadre très amical, c’est bon enfant. Au début on était 30, après 50, puis 70, puis 100, puis 150. Aujourd’hui on peut arriver jusqu’à 200 et on garde l’esprit ami d’ami et de convivialité. Avec Facebook c’est vrai et je ne vous le cache pas, les choses sont plus faciles. En un clique on peut organiser un événement, avec bien évidement des relances. Dans les grandes villes que ça soit en Province ou à Paris, les villes sont parfois fermées, les gens ne connaissent pas forcément beaucoup de monde, alors on créait des concepts comme celui-ci pour créer des réseaux sociaux.

iR : Êtes-vous pour ou contre le phénomène des grands apéros en France ?
S : Je suis neutre, c’est différent, c’est à dire avec un événement de 10,000 personnes on peut avoir le phénomène de groupes de 10, 20, 30, 40, 50 jusqu’à 150 personnes qui vont se former par eux-mêmes. Moi, je préfère organiser des événements à taille humaine, de 150 à 200 personnes et c’est déjà pas mal, ça marche très bien. Les invités connaissent l’adresse et le banc.

iR : Avez-vous été rapprochée par la presse ?
S : Non, c’est la première fois et je ne cherche rien par ce biais de communication. Quand j’ai des publicitaires ou des photographes qui m’envoient des demandes je les refuse pour la simple raison que ce n’est pas l’effet recherché. Après que l’on me prenne au pied levé à un événement, il n’y a en effet aucun problème car je réponds aux questions. Je ne recherche pas la notoriété, si elle vient tant mieux.

iR : Alors, comment vous retrouve-t-on sur Facebook ?
S : Le groupe s’appelle Quai Paris 7, pot dînatoire, depuis 3 à 4 ans, mon nom est Steph de Mascureau, j’ai des dizaines de demandes par jours, dès que je créé un nouveau pot dînatoire.

iR : Stéphanie, l’équipe d’infos-reportages vous remercie pour cette interview.
S : Je vous remercie l’équipe d’infos-reportages, et je vous dis à très bientôt !

Crédit Photos : Gunis Zalmezs